Aux prémices du XXᵉ siècle, Jean Puiforcat - le fils de Louis-Victor - donne un nouvel élan stylistique à l’atelier d’orfèvrerie familial et incarne le renouveau artistique de l’époque : autant orfèvre qu’artiste, homme de son temps, Jean Puiforcat marie avec virtuosité la finesse de l’argent massif aux formes épurées du mouvement Art déco. Il deviendra une force déterminante de l’orfèvrerie du XXᵉ siècle.
Aujourd’hui encore, les artisans de Puiforcat continuent de puiser dans le foisonnant patrimoine de dessins et de croquis laissé par Jean pour perpétuer et célébrer son style intemporel.

L'Art Déco en courbe douce

La boîte
Floralie

La boîte
Floralie
Boîte Floralie sur une pile de magazines dans un salon
Savoir-faire à l'atelier Puiforcat sur la boîte Floralie



Le tout jeune orfèvre Jean Puiforcat - dont la pièce de maîtrise, marquant son entrée dans la confrérie des orfèvres, date de 1920 - présente cette élégante boîte « à biscuits » à Paris en 1922. Elle figure parmi ses toutes premières tentatives pour redéfinir l’art de l’orfèvrerie.

Les prémices du vocabulaire stylistique Art déco, qu’il appliquera bientôt à l’ensemble de son œuvre, s’y révèlent déjà, bien que la pièce porte encore l’empreinte de l’Art nouveau.

Les cabochons en lapis-lazuli de la pièce originale ont aujourd’hui été remplacés par du jade vert, mais la mise en forme de la boîte et ses finitions poli miroir mobilisent toujours les mêmes techniques que celles utilisées du temps de Jean. Quant à l’association de l’argent massif et des pierres colorées, elle deviendra bientôt l’une des signatures emblématiques de l’orfèvre.

Argent massif et bois précieux

Le broc à orangeade

Le broc à orangeade
Broc à orangeade
"Quelques pièces récentes de Jean Puiforcat", article tiré d'une parution du magazine Mobilier et Décoration de 1931



Créé en 1930, ce broc incarne pleinement l’esthétique Art déco.

D’une grande sobriété, il reflète parfaitement le goût de Jean Puiforcat pour l’architecture et les constructions fondées sur des principes mathématiques. La géométrie rigoureuse de son bec verseur dialogue avec la courbe souple de sa silhouette, subtilement soulignée par une poignée en palissandre.

En observant attentivement le dessin — notamment celui du couvercle — on distingue clairement l’assemblage de formes pures : cercle, triangle, rectangle, autant d’éléments qui composent ces tracés harmoniques dont il maîtrisait le secret.

Une très belle photographie illustre d’ailleurs un article intitulé « Quelques pièces récentes de Jean Puiforcat » publié dans le magazine Mobilier et Décoration d'avril 1931.

L'alliance rare du bois de rose et de l'argent

Le service
à thé & café
Socoa

Le service
à thé & café
Socoa
Service Socoa
Page d'album du XXe siècle ou l'on voit le service Socoa



Installé au Pays basque depuis la fin des années 1920, Jean Puiforcat s’adonne plus que jamais à ses réflexions sur l’épure de la forme, met en pratique son approfondissement de la géométrie, expérimente et produit des créations qui le rendent toujours identifiable parmi ses contemporains.

Créé en 1937, le service à thé et à café Socoa illustre l’évolution de ses recherches stylistiques et toute son audace de designer. Les objets, de simples volumes cylindriques en argent massif, se parent de larges anses semi-circulaires ornées d’un feston en bois de rose.

Placée sur un long plateau en bois et argent, chaque pièce est présentée de profil, mettant en valeur ces silhouettes toutes en courbes. Seuls les becs verticaux de la théière et de la cafetière se terminent par un angle droit et net.